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[Urbanisme et climat] Climate & Sustainability Fund : La pari à 19 Milliards !

Le Climate and Sustainability Fund de Rs 19 milliards est porteur d’espoir et de nouvelles opportunités pour l’industrie de la construction, particulièrement dans le domaine de l’infrastructure résiliente. Pas moins de 70 projets sont inscrits dans le pipeline d’ici 2030, soutenus par un mécanisme innovant de financement mixte public-privé. Toujours est-il que la déclinaison concrète de ces projets reste à définir. La question centrale demeure : ces projets marqueront-ils une rupture avec les pratiques traditionnelles des marchés publics ?

Créé en juillet 2024, le Climate and Sustainability Fund, financé par une taxe de 2 % sur les bénéfices des grandes entreprises, est devenu le principal fonds spécial du gouvernement depuis le Budget 2025-2026. Doté de Rs 19 milliards d’ici à 2030 pour financer 70 projets répartis sous 11 programmes et initiatives, il soutiendra les actions de lutte contre le changement climatique. Une manne pour bon nombre d’entreprises locales ? Cette enveloppe financière se présente effectivement comme une opportunité sans précédent de se positionner sur des créneaux à haute valeur ajoutée, notamment dans les domaines de la construction durable et des infrastructures résilientes.

ÉROSION CÔTIÈRE

La vulnérabilité des zones côtières face à l’érosion et celle des villes et villages confrontés aux inondations demeurent, sans nul doute, au cœur de ce programme ambitieux. Le constat n’est plus à établir, comme l’attestent les nombreuses études publiées. La dernière en date : le World Risk Report 2023. Ce document indique que Maurice occupe la 106e place sur 193 pays en matière de vulnérabilité aux menaces persistantes du réchauffement climatique. La dégradation de nos plages au cours de ces vingt dernières années constitue l’une des préoccupations majeures. Maurice perdrait jusqu’à 20 mètres de largeur de plage par décennie, en raison de l’élévation du niveau de la mer au rythme de 3,6 mm par an — taux mondial — pouvant atteindre 5,6 mm dans certaines régions de l’océan Indien.

L’érosion accélérée des plages, la destruction des écosystèmes côtiers et la salinisation des terres littorales constituent autant de conséquences d’ores et déjà visibles. Face à cette réalité, le gouvernement prévoit d’investir en urgence près d’un milliard de roupies dans la construction de systèmes de drainage et de programmes de réhabilitation côtière. Les conclusions du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), qui a engagé une étude sur les risques littoraux avec l’Agence française de développement (AFD) et le gouvernement mauricien, seront déterminantes quant à la stratégie à adopter.

«The strategic priorities for 2025 - 2029 will target 31 km of priority shoreline across 33 high-risk sites, including Trou aux Biches, Albion, and Souillac. Recognising the limitations of hard infrastructure, projects will incorporate hybrid solutions, combining structural works with coral restoration, mangrove replanting, and dune stabilisation using native vegetation, tailored to each location’s wave dynamics, ecological sensitivity, and socio-economic needs », indique par ailleurs un bulletin intitulé United Nations Public Service Day 2025.

INONDATIONS

Ces investissements couvriront des actions en matière d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, indique le ministère de l’Environnement. Pour les acteurs de l’industrie, l’enjeu consiste désormais à concrétiser ces intentions par des projets tangibles. Une approche résolument innovante pourrait permettre au pays de rompre avec les stratégies adoptées jusqu’à présent pour contrer ce phénomène.

L’autre préoccupation majeure porte sur la capacité de faire face aux inondations de plus en plus dévastatrices quand les pluies torrentielles se mettent de la partie. Le Land Drainage Master Plan (LDMP) - enfin rendu public - demeure à cet effet un document de base de haute importance. Les conclusions de cette étude sont effrayantes quand on apprend que 15,5 % du territoire est considéré comme zone inondable. Seize régions ont été identifiées et répertoriées en deux catégories distinctes : No-Go Zones (construction interdite) et No-Expansion Zones (uniquement extensions verticales). De plus, le Digital Elevation Model (DEM) sera un outil essentiel pour toute action future, basé sur ses capacités de modélisation topographique, d’analyse de l’écoulement des eaux pluviales, et de prédiction des phénomènes et dangers potentiels.

LEÇONS ET ENSEIGNEMENTS

Face à ces multiples défis - érosion, inondations, cyclones - Maurice peut-elle se contenter de reproduire les recettes du passé ? Les enjeux ne se limitent pas aux inondations ou à la gestion des eaux pluviales. Apprendre de l’expérience des autres nous amène à considérer celle vécue par nos voisins de la Réunion, frappés de plein fouet par le cyclone Garance en mars dernier.

Avec des vents de plus de 230 km/h, les portes, fenêtres, baies vitrées et toits de certaines habitations n’ont pas résisté aux rafales. D’où la décision des autorités de l’île d’initier une mission d’expertise sur les dégâts aux bâtiments. L’objectif ? Évaluer l’efficacité des normes actuelles et identifier les failles des protocoles ainsi que la fiabilité des certifications des matériaux de construction. Au-delà de la sécurité de la population, la question de la garantie décennale prend une dimension particulière dans ce type de scénario, où il n’y a pas que les propriétés privées qui sont menacées quand la nature se dérègle, mais également les infrastructures publiques.

L’innovation demeure certes un outil indispensable pour se protéger davantage contre les forces de la nature, surtout avec les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle, mais la question subsiste : sommes-nous prêts à engager une rupture avec les pratiques actuelles des marchés publics, dont les faiblesses structurelles, présentes dès la phase d’appel d’offres, continuent de compromettre leur efficacité et leur fiabilité ?

Dans cette perspective s’inscrit l’initiative du nouveau gouvernement de passer de la logique de financement traditionnel à un mécanisme mixte innovant. Sous cette nouvelle dynamique économique, le Climate and Sustainability Fund servira de socle financier à la Climate Finance Unit, chargée d’élaborer des solutions de blended finance pour mobiliser des fonds climatiques.

FINANCEMENT MIXTE

Cette approche ouvre ainsi de nouvelles perspectives aux entreprises de construction capables de développer des partenariats public-privé. D’autant que l’État pourra compter sur l’appui du Commonwealth Climate Finance Access Hub (CCFAH) et du Commonwealth National Climate Finance Adviser – Mauritius pour avancer de façon plus concrète. « This Project will provide assistance to Mauritius to increase access to Climate Finance at the national level through the development of a pipeline of project proposals targeting relevant climate finance funding envelopes and supported by improved cross-ministerial coordination of efforts to operationalise the national climate change frameworks », souligne le CCFAH qui s’est réuni le 10 septembre dernier à Maurice.

Pour la Banque mondiale, le système de « blended finance has emerged as an important tool to attract private investment for sustainable infrastructure development » soulignant l’effet multiplicateur que cela pourrait apporter à l’ensemble du secteur. Ce qui est d’ailleurs l’un des atouts du CCFAH, reconnu pour son « multiplier effect because of the important leverage it brings, not only for its catalytic effect, but also capacity building ».

Cette transformation du paysage financier ouvre donc des perspectives inédites, mais pose aussi la question cruciale quant à la capacité d’adaptation de l’industrie locale. « Ce que nous savons, c’est qu’il nous faudra aller chercher ces financements privés. Mais ces fonds sont très stricts sur la gouvernance et l’exécution », souligne-t-on.

Paradoxalement, cette exigence de rigueur pourrait constituer une opportunité pour les entreprises de construction les mieux structurées, celles qui sauront se différencier par leur expertise en matière de gestion de projet et de capacité à respecter les standards internationaux. C’est dans cette dynamique que s’inscrit pleinement l’ambition du Climate and Sustainability Fund. Le fonds marque ainsi un tournant décisif pour le pays dans la préparation contre l’aggravation des effets climatiques, mais aussi pour l’industrie de la construction mauricienne. En se positionnant sur les créneaux de l’adaptation climatique, de la construction durable et des infrastructures résilientes, les entreprises du secteur peuvent non seulement contribuer à faire de Maurice, d’ici à 2030, un laboratoire grandeur nature des solutions d’adaptation climatique pour les petits États insulaires...

MÉCANISME DE FINANCEMENT DU CCFAH

Le financement mixte constitue un mécanisme destiné à surmonter les réticences des investisseurs privés face aux projets jugés trop risqués, notamment dans les économies en développement. Le principe repose sur l’utilisation d’une fraction des financements concessionnels pour atténuer les risques et rééquilibrer l’équation risque-rentabilité. Maurice tire parti de cette expertise grâce à son rôle d’hôte du Commonwealth Climate Finance Access Hub, qui a permis de mobiliser 186,5 millions de dollars pour des projets dans les secteurs de l’eau, de la santé et de l’économie bleue. Cette expérience positionne le pays pour développer des partenariats public-privé innovants et attirer les capitaux privés vers des initiatives climatiques, créant un effet de levier crucial face à l’urgence climatique.

L'économie circulaire, l'autre pilier du Climate Fund

Le Climate and Sustainability Fund de Rs 19 milliards finance également des projets d'économie circulaire. Parmi les 70 initiatives prévues : gestion des déchets électriques et électroniques, campagnes de nettoyage et d'embellissement, rénovation énergétique des bâtiments existants. Ces projets nécessiteront à coup sûr des compétences spécialisées en construction durable, démantèlement et valorisation de matériaux, ouvrant de nouvelles opportunités aux entreprises locales.

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