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Une croissance solide, mais sous tension

> Rs 63,77 milliards de chiffre d’affaires cumulés pour le secteur sur l’exercice financier 2024–2025, contre un profit ramené à Rs 4,78 milliards, en repli de 7,3 %.

Le secteur de la construction et du material handling signe Rs 63,77 milliards de chiffre d’affaires en 2024–2025, malgré un profit en baisse de 7,3 %. UBP conserve son avance, tandis que Gamma Construction et Bhunjun & Sons confirment leur poids dans un marché encore porté par l’investissement, mais de plus en plus contraint par l’érosion des marges. Parallèlement, l’immobilier progresse, mais voit ses propres gains comprimés par la hausse des coûts et un cadre fiscal resserré.

Le secteur de la construction et du material handling continue d’occuper une place stratégique dans l’économie mauricienne, portée par un cycle soutenu d’investissements publics et privés. L’édition 2025 du TOP 100 Companies confirme cette dynamique : les 69 entreprises classées ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé de Rs 63,77 milliards, en hausse de 24,5 % par rapport à l’année précédente. Cependant, cette expansion ne s’est pas traduite par des bénéfices plus élevés. Le profit avant impôt total recule de 7,3 %, pour s’établir à Rs 4,78 milliards.

Cette divergence entre progression du chiffre d’affaires et contraction des marges révèle un secteur en pleine effervescence, mais fragilisé par des coûts croissants, une intensité concurrentielle plus forte et une complexité réglementaire accrue. Autrement dit, les entreprises construisent davantage, mais gagnent proportionnellement moins.

Les leaders du classement 2025

En tête du classement, The United Basalt Products Ltd (UBP) confirme sa position dominante. Avec un chiffre d’affaires avoisinant les Rs 9 milliards au 30 juin 2024, en progression spectaculaire de près de 64 %, UBP conserve une longueur d’avance sur l’ensemble du secteur. Son profit avant impôt de Rs 301 millions reflète toutefois la pression persistante sur les marges, dans un contexte de volatilité des coûts d’importation et de logistique.

À la deuxième place, Gamma Construction Ltd affiche un chiffre d’affaires de Rs 4,5 milliards au 31 décembre 2024, pour un profit avant impôt d’environ Rs 100 millions. L’entreprise continue de capitaliser sur sa forte présence dans les projets publics, notamment dans les infrastructures routières et les bâtiments institutionnels, bien que la rentabilité demeure étroitement liée aux fluctuations des prix des matériaux et de l’énergie.

Le podium est complété par Bhunjun & Sons, avec un chiffre d’affaires de Rs 4,2 milliards au 31 décembre 2024. Même en l’absence de données complètes sur la profitabilité, l’entreprise reste un acteur majeur des grands chantiers, soutenue par un portefeuille diversifié de projets résidentiels, commerciaux et d’infrastructures.

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Plus de chantiers...

L’analyse révèle une tendance générale : plus de chantiers, mais des marges plus serrées. Le boom de la construction — alimenté par les investissements publics dans les routes, le drainage, le logement social et les réseaux d’eau — stimule mécaniquement la demande en matériaux et en services. Pourtant, l’environnement économique mondial, marqué par des coûts de fret fluctuants, une inflation importée persistante et des conditions contractuelles plus strictes, limite la profitabilité des opérateurs locaux.

L’année 2025 marque également un tournant réglementaire important. Le dévoilement du Land Drainage Master Plan, en partenariat avec l’AFD, introduit une cartographie des zones à risque d’inondation, avec des No-Go Zones et No-Expansion Zones couvrant près de 15 % du territoire. Depuis octobre 2025, des amendes sanctionnent l’absence de dispositifs de drainage adéquats, renforçant le lien entre urbanisme, résilience climatique et pratiques constructives.

Parallèlement, les révisions du Construction Industry Authority Act et de la grille de classification des contracteurs visent à professionnaliser davantage le secteur, tandis que de nouveaux mécanismes fiscaux limitent les pratiques spéculatives.

Perspectives

Au-delà de la croissance brute, le secteur évolue vers un modèle plus discipliné, plus durable et davantage orienté vers la qualité et la conformité. Cette transition s’accompagne d’une montée en puissance des technologies et méthodes d’ingénierie avancées : généralisation du BIM pour la conception et le suivi des projets, utilisation accrue des drones pour l’inspection et le contrôle de chantier, adoption progressive du monolithique dans les projets résidentiels et institutionnels, ainsi qu’investissements renforcés dans la digitalisation des processus constructifs.

Ces évolutions répondent aussi à une demande croissante pour les certifications internationales. EDGE et LEED s’imposent progressivement comme des standards recherchés, tant pour les bureaux que pour les développements résidentiels, portés par une sensibilité accrue à la performance énergétique, à l’efficience des ressources et à la durabilité.

Dans ce contexte, les entreprises les mieux positionnées seront celles capables d’intégrer ingénierie verte, outils numériques, gestion de chantier optimisée et rigueur des coûts.

Le secteur de la construction demeure un pilier de l’économie mauricienne — mais un pilier en transformation rapide. Pour réussir, il faudra désormais bâtir plus intelligemment, pas seulement plus grand.

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Immobilier : moteur résilient

Par ailleurs, le classement 2025 du TOP 100 Companies confirme une réalité désormais incontournable : le secteur immobilier mauricien demeure l’un des moteurs les plus résilients de l’économie, tout en traversant une phase de transition profonde, marquée par un rééquilibrage entre croissance, régulation et professionnalisation. Malgré un environnement fiscal plus contraignant et une inflation persistante des coûts de construction, les agences immobilières affichent des performances solides, signe d’un marché qui ne ralentit pas, mais qui se transforme.

Les 21 entreprises examinées ont généré un chiffre d’affaires cumulé avoisinant Rs 1 milliard, soit une progression de 42 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, cette montée en puissance ne se reflète pas pleinement dans les résultats nets : le bénéfice avant impôt du secteur n’a augmenté que de 26 %, passant de Rs 111 millions à Rs 140 millions. Cet écart atteste d’une érosion des marges, conséquence directe de la hausse des coûts, d’un cadre fiscal resserré et d’un marché devenu plus sélectif.

Ce nouveau régime fiscal — hausse de la registration duty et de la transfer duty, prélèvement pouvant atteindre 30 % sur les gains réalisés, application de l’Alternative Minimum Tax de 10 %, retrait des incitations aux Smart Cities — redéfinit l’équation financière du secteur et oblige l’ensemble des opérateurs à revoir leurs modèles. La pression sur les marges se renforce, alors que les coûts de construction et les taux d’intérêt poursuivent leur progression.

Dans cet environnement mouvant, certaines entreprises parviennent néanmoins à maintenir leur cap grâce à une stratégie claire, une segmentation affinée et une capacité d’adaptation réelle. C’est le cas de Pam Golding Properties, qui non seulement domine sa catégorie, mais occupe désormais la première place du classement du TOP 100 Companies dans son segment.

Un marché en recomposition

La dynamique observée ne traduit pas un essoufflement du secteur, mais plutôt un retour à la normalisation après une décennie d’expansion facilitée par des politiques d’ouverture et une forte liquidité internationale. Aujourd’hui, la croissance repose davantage sur les fondamentaux — localisation, qualité des projets, différenciation, service client — que sur les avantages fiscaux qui ont longtemps soutenu la demande.

Le secteur immobilier mauricien n’est donc pas en perte de vitesse : il mûrit. Les marges se resserrent, l’exigence monte, les acheteurs se professionnalisent, et seules les entreprises capables de s’ajuster rapidement, à l’image de Pam Golding Properties, parviennent à transformer les contraintes actuelles en opportunités de consolidation et de montée en gamme.

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