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[COVER STORY] Bâtir au-delà du visible !

Interview Grand Format : Dr Farrah Jahangeer, entrepreneure, chercheuse et fondatrice du CEDTI

Dans un contexte où les territoires insulaires comme Maurice doivent repenser leur modèle d’aménagement face aux défis climatiques, l’architecture devient un outil stratégique de résilience et d’innovation.

Farrah Jahangeer appartient à cette génération de chercheuses et de praticiennes qui refusent de dissocier l’espace construit de l’espace vécu. Architecte formée à Glasgow, spécialiste de la psycho-acoustique, entrepreneure engagée et fondatrice du Center for Indo-oceanic Territorial Development Studies (CEDTI), elle explore les territoires insulaires comme d’autres lisent une partition : en écoutant les silences, les mémoires littorales, les tensions climatiques et les voix des communautés. De Maurice au Koweït, son parcours tisse un fil rare entre science, sensorialité et engagement territorial. Présente dans le débat public, elle n’hésite pas à prendre position sur les enjeux qui façonnent nos îles et propose une lecture du futur où la notion de bâtir prend un tout autre sens, articulée autour de trois axes indissociables : innovation, résilience et inclusivité.

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Dr Jahangeer, vous êtes issue d’un parcours singulier, entre le Koweït, Maurice, Glasgow et Nantes. Comment cet ‘exposure’ international a-t-il influencé votre regard sur l’architecture insulaire et sur la notion même de territoire durable ?

— Ce parcours m’a offert une pluralité de regards sur la manière dont les territoires se construisent, se racontent et s’adaptent. Au Koweït, j’ai observé la puissance des infrastructures dans un contexte marqué par l’urgence de la reconstruction, une dépendance énergétique extrême et une transformation urbaine menée à un rythme très rapide. À Maurice, j’ai été confrontée à un tableau inversé. C’est-à-dire, fragilité des infrastructures, finitude des ressources et absence de réflexion par rapport à l’aménagement du territoire en tenant compte de contraintes physiques, sociales et économiques. À Glasgow, j’ai découvert comment la recherche, l’innovation et les politiques publiques peuvent s’articuler pour créer des environnements urbains plus inclusifs, où la durabilité n’est pas un slogan mais une valeur structurante.

Cela m’a appris qu’il n’existe pas une seule façon d’habiter ou de développer un territoire de façon durable. Chaque contexte impose ses propres réponses. In fine, c’est que le développement durable ne peut être pensé qu’à partir du terrain, en tenant en considération des cultures, des mémoires littorales, des usages, des vulnérabilités et des aspirations de ceux qui y vivent. C’est cette diversité d’expériences qui structure aujourd’hui ma manière de travailler sur les territoires insulaires.

• Qu’est-ce qui, au départ, vous a orientée vers l’architecture, puis vers la psycho-acoustique et la recherche appliquée ? Y a-t-il eu un moment déclencheur, un ‘avant/après’ dans votre carrière ?

En grandissant à Maurice, j’ai été fascinée par notre maison, conçue par mon père, où l’architecture se nourrissait d’inspirations venues des États-Unis. Cette curiosité m’a naturellement orientée vers des études en architecture, afin de comprendre comment les espaces prennent forme et influencent nos vies.

À la fin de mon Master à Glasgow, j’ai découvert un champ qui allait transformer mon regard : l’impact du paysage sonore sur la perception architecturale. Ce fut un véritable déclencheur. Lors de mon examen final, l’un des examinateurs m’a encouragée à poursuivre cette réflexion par un doctorat, ouvrant ainsi la voie vers la psycho-acoustique et la recherche appliquée. Cet ‘avant/après’ a marqué le passage d’une approche purement spatiale à une vision plus sensorielle et intégrée en matière d’architecture.

• Vous avez intégré la dimension acoustique, sensorielle et émotionnelle dans vos travaux. De plus, votre travail croise culture, climat, perception et psychologie. Expliquez-nous comment cela fonctionne et surtout comment elles influencent la manière dont vous concevez un projet.

— En pratique, je ne conçois jamais un projet uniquement comme une réponse technique. Je l’aborde comme une expérience globale, où le son, la lumière, la matière, le climat et le contexte culturel dialoguent pour donner sens au lieu. La dimension acoustique, sensorielle et émotionnelle est essentielle, car elle révèle ce que les cartes, les normes ou les modèles numériques ne montrent pas, notamment la manière dont les corps habitent réellement l’espace, comment ils perçoivent les variations sonores, les microclimats, les ambiances et les rythmes du quotidien.

Croiser culture, climat, perception et psychologie me permet d’aller au-delà de la simple fonctionnalité. La culture façonne les usages ; le climat impose des contraintes mais ouvre aussi des opportunités de confort et de sobriété ; la perception construit l’attachement au lieu ; et la psychologie donne accès à ce qui sécurise, apaise ou, au contraire, fragilise.

En intégrant ces dimensions, je conçois l’architecture comme un système vivant, capable de renforcer le lien entre l’humain et son environnement. Il ne s’agit plus seulement de «bâtir », mais de composer des espaces qui respectent les sens, accompagnent les pratiques sociales, anticipent les vulnérabilités climatiques et racontent quelque chose du territoire.

• Les conditions et changements climatiques comme les cyclones, la chaleur, les inondations ou encore la montée des eaux sont-ils tenus en compte dans vos réflexions ?

— Oui, absolument. Les cyclones, la chaleur, les inondations et la montée des eaux sont des réalités incontournables dans notre environnement immédiat. Avec le changement climatique, le défi est encore plus grand : il ne s’agit pas seulement d’anticiper, mais de concevoir des projets résilients qui transforment ces contraintes en opportunités pour bâtir un territoire durable.

[...] un projet pensé avec les habitants devient un projet vivant, enraciné dans le territoire.

• Quels projets réalisés ou qui sont en cours illustrent le mieux votre vision d’une architecture innovante, durable et adaptée aux territoires insulaires ?

— Je suis plutôt dans la recherche que dans la pratique architecturale. Toutefois, un projet qui illustre bien une vision innovante et contextualisée est Edith à Port-Louis, conçu par l’architecte Henriette Lagesse Valentin. Ce projet prend en compte les spécificités du territoire insulaire, en intégrant les contraintes climatiques, les dynamiques culturelles et les besoins sociaux. Il montre comment l’architecture peut être durable tout en restant profondément ancrée dans son contexte local.

• Vous privilégiez l’approche ‘écosystème’ plutôt que l’isolement. Comment l’implication des communautés locales peut-elle changer la nature et la réussite d’un projet ?

— Pour moi, les communautés locales sont les mieux placées pour exprimer les besoins réels d’un projet. Leur implication change profondément sa nature et permet de passer d’une solution imposée à une démarche co-construite. Cela favorise l’appropriation, la durabilité et l’impact social, car un projet pensé avec les habitants devient un projet vivant, enraciné dans le territoire. Un projet où l’on peut créer un véritable écosystème, une projet où l’architecture n’est plus isolée, mais reliée à la culture, au climat et à la vie quotidienne.

• De l’ENSA Nantes Mauritius au CEDTI, comment articulez-vous aujourd’hui recherche, pédagogie et pratique professionnelle ? Prenons par exemple la préparation des étudiants aux défis du climat et de la durabilité…

— Cela fait maintenant deux ans que je ne suis plus à l’ENSA. Je me consacre entièrement au CEDTI, où je développe des projets avec une approche participative et des formations centrées sur les compétences de notre équipe de chercheurs. Je poursuis ainsi mes activités de recherche et de pédagogie, mais en les orientant davantage vers les professionnels et les acteurs de terrain. Cette articulation me permet de relier la production scientifique à des pratiques concrètes, tout en renforçant la capacité des communautés et des institutions à répondre aux défis du climat et de la durabilité.

Croiser culture, climat, perception et psychologie (...) En intégrant ces dimensions, je conçois l’architecture comme un système vivant, capable de renforcer le lien entre l’humain et son environnement.

• Parlez-nous de la SEFA (Sustainable Energies For Africa).

—SEFA est une entreprise que j’ai fondée en 2021 à la suite d’une expérience personnelle marquante, notamment à l’achat de ma première voiture électrique. Le chargeur est tombé en panne au bout de trois semaines et il était extrêmement difficile d’en trouver un autre sur le marché. J’ai transformé cette frustration en opportunité en créant SEFA, une structure spécialisée dans la distribution et l’installation de solutions de recharge pour particuliers et entreprises. Le but est de répondre à un besoin immédiat en infrastructures fiables et de rendre l’électromobilité plus accessible et durable.

• Selon vous, quels sont les principaux obstacles technologiques, institutionnels ou culturels qui freinent encore l’adoption de la mobilité électrique à Maurice ?

— À Maurice, l’adoption de la mobilité électrique se heurte encore à plusieurs obstacles majeurs. Premièrement, la question de la fiabilité et de la maintenance demeure centrale. Les bornes de recharge, les batteries et l’ensemble des équipements associés nécessitent un niveau d’expertise technique qui reste encore limité sur l’île. Cette insuffisance crée un manque de confiance auprès du public. Deuxièmement, il existe un enjeu fondamental lié au mix énergétique. Maurice s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre 60 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. Cependant, dans la réalité actuelle, la production électrique repose encore en grande partie sur les combustibles fossiles. Cela limite l’impact environnemental des véhicules électriques si l’énergie qui les alimente n’est pas propre. La question de transition perd son sens. Troisièmement, le cadre institutionnel et réglementaire doit encore gagner en cohérence et en lisibilité. Certes, des initiatives existent, notamment des projets pilotes comme l’intégration d’autobus électriques financés par le GEF. Mais ces actions restent ponctuelles, fragmentées et ne s’inscrivent pas encore dans une stratégie suffisamment structurée pour accompagner une transformation à grande échelle. Les politiques d’incitation, la fiscalité, les normes techniques ou encore les infrastructures publiques de recharge évoluent, mais pas assez vite pour soutenir un véritable basculement national. Ainsi, entre défis techniques, limites énergétiques et cadre réglementaire en transition, la mobilité électrique avance, mais encore trop lentement au regard des enjeux environnementaux et territoriaux auxquels Maurice est confrontée.

• La suppression, depuis le 1er juillet 2025, des avantages fiscaux pour les véhicules hybrides et électriques constitue-t-elle un frein à la transition énergétique ? Y voyez-vous une incohérence politique ?

— Oui, la suppression des avantages fiscaux pour cette catégorie de véhicules constitue indéniablement un frein à la transition énergétique. Ces incitations jouaient un rôle clé pour rendre l’électromobilité plus accessible dans un marché encore émergent. Leur disparition risque de ralentir l’adoption, surtout dans un contexte insulaire où les coûts d’importation sont déjà élevés.

On peut y voir une incohérence politique, car d’un côté l’État affirme vouloir accélérer la transition énergétique et réduire les émissions, mais de l’autre, il retire des mesures qui facilitaient ce changement. Cela crée un décalage entre les ambitions affichées et les instruments mis en place.

Pour moi, la question n’est pas seulement fiscale. Elle touche également à la cohérence globale des politiques publiques. Si l’on veut que la mobilité électrique devienne une réalité durable à Maurice, il faut un cadre stable, des incitations claires et une vision à long terme.

[...] Il n’existe pas une seule façon d’habiter ou de développer un territoire durable. Chaque contexte impose ses propres réponses.

• Au-delà de la mobilité, quelles autres contradictions la société mauricienne doit-elle résoudre ou prendre en compte pour devenir réellement durable ?

—Les habitudes liées au déplacement. La culture de la voiture individuelle reste dominante chez nous, alors que la transition vers une mobilité durable suppose aussi un renforcement du transport collectif.

• Il existe également plusieurs courants de pensée quant à la façon dont chacun perçoit la notion de durabilité, d’« île durable »... Quelle est la vôtre ?

— Lorsqu’on parle d’« île durable », plusieurs visions coexistent, nourries par des sensibilités culturelles, des réalités géographiques et des approches disciplinaires différentes. Pour ma part, ma définition s’articule autour de quatre dimensions essentielles. Premièrement, une île durable est une île résiliente : elle anticipe les cyclones, les inondations, l’érosion et la montée des eaux, et adapte en conséquence ses infrastructures, ses modes d’habitat et ses organisations territoriales. La résilience n’est pas une option ; c’est une condition de survie pour les espaces insulaires.

Deuxièmement, elle doit être inclusive. Au risque de me repéter, les projets qui transforment un territoire ne peuvent réussir que s’ils sont portés, compris et vécus par les communautés locales. Inclure les habitants, leurs besoins, leurs mémoires, leurs pratiques permet de concevoir des solutions qui ne sont pas simplement efficaces, mais réellement appropriées.

Troisièmement, une île durable doit être innovante. L’innovation technologique est indispensable qu’il s’agisse d’énergies renouvelables, d’électromobilité ou de nouveaux outils de modélisation. Mais cette innovation doit être contextualisée, adaptée aux contraintes insulaires et pensée comme un levier, non comme une fin en soi.

Enfin, quatrièmement, une île durable est une île profondément culturelle et identitaire. Elle puise dans ses savoirs traditionnels, ses pratiques vernaculaires, ses récits et son patrimoine pour construire une modernité qui lui ressemble. C’est cette continuité entre mémoire et futur, entre identité et adaptation qui donne sens au projet de durabilité. Ainsi, une île durable ne peut être un modèle figé, c’est un territoire vivant, capable de conjuguer résilience, inclusion, innovation et identité pour affronter les transitions qui s’annoncent.

• Qu’en est-il de la transition écologique et territoriale ?

— La transition écologique et territoriale, c’est repenser nos espaces insulaires comme des laboratoires vivants de résilience et d’inclusion.

Il faut créer des incitations pour que les Mauriciens reviennent au pays après leurs études, car nous sommes l’un des pays les plus vieillissants d’Afrique et nous avons besoin de leur énergie et de leurs compétences.

• Le secteur mauricien du BTP fait face à des défis structurels. Êtes-vous de cet avis ?

— Oui, je partage cet avis. Le secteur reste confronté à plusieurs freins structurels. Sur le plan technologique, la dépendance aux méthodes traditionnelles demeure forte, tandis que l’adoption des outils numériques, de la préfabrication ou des matériaux innovants progresse encore lentement. À cela s’ajoutent des contraintes institutionnelles. Je pense ici aux procédures administratives et réglementaires parfois trop lourdes et qui ralentissent les projets et compliquent l’intégration de standards de durabilité.

Sur le plan économique, la dépendance aux importations expose le secteur aux fluctuations des prix mondiaux et aux aléas logistiques. La dimension humaine est également centrale, avec un besoin accru de formation et de montée en compétences.

Enfin, des freins culturels subsistent, liés à une certaine inertie des pratiques et à la difficulté de faire évoluer les mentalités vers des approches plus durables et collaboratives. Ces défis restent réels. Ils représentent en même temps une opportunité, celle de repenser le BTP comme un moteur de la transition écologique et territoriale.

• Quel rôle les PME du BTP peuvent-elles jouer dans la transition vers des modèles innovants, plus durables ? Comment stimuler l’innovation locale ?

— Les PME du BTP ont un rôle essentiel à jouer dans la transition vers des modèles innovants et durables. Leur force réside dans leur proximité avec le terrain et leur capacité d’adaptation. En intégrant la recherche, elles peuvent transformer cette expérience pratique en solutions nouvelles : matériaux plus écologiques, procédés constructifs adaptés au climat insulaire, ou encore outils numériques pour optimiser la gestion des chantiers.

Stimuler l’innovation locale, c’est créer des passerelles entre chercheurs, entreprises et communautés. Cela passe par des formations continues, des projets pilotes et des partenariats public-privé qui permettent aux PME d’expérimenter et de diffuser des pratiques durables. Ainsi, elles deviennent non seulement des exécutantes, mais des actrices de la transition écologique et territoriale.

• D’un point de vue entrepreneurial, comment abordez-vous la gestion d’équipe, les partenariats publics/privés ou l’accès au financement dans vos projets territoriaux ?

— Au CEDTI, nous travaillons avec une équipe répartie dans différents pays, ce qui nous oblige à développer une gestion collaborative et agile. Nous organisons régulièrement des sessions de travail pour harmoniser nos approches et maintenir une dynamique collective.

Sur le plan des partenariats, nous privilégions les collaborations avec des entreprises et des institutions qui partagent nos valeurs et nos objectifs, afin de créer des synergies durables. Quant à l’accès au financement, nous l’abordons en combinant recherche et innovation aux projets territoriaux concrets, ce qui renforce la crédibilité auprès des bailleurs et facilite la mobilisation de ressources.

Cette approche entrepreneuriale repose donc sur trois piliers : une équipe internationale soudée, des partenariats alignés sur la durabilité, et une stratégie de financement ancrée dans la valeur ajoutée de nos projets.

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• Votre parcours s’est construit dans des secteurs encore largement masculins. Quels obstacles avez-vous eu à surmonter, et comment avez-vous fait pour imposer votre leadership ?

— Oui, en effet. Mais ce n’est pas la question du genre qui me préoccupe, c’est avant tout les besoins des secteurs et la manière dont nous pouvons, chacun et chacune, jouer un rôle pour les faire évoluer. Mon leadership s’est construit sur une conviction, celle d’apporter des solutions concrètes, d’ouvrir des espaces de dialogue et de montrer que la transformation est possible lorsque l’on travaille ensemble.

• Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes architectes, ingénieurs et professionnels du BTP qui, qu’on le veuille ou non, sont appelés à participer dans la transformation du paysage de demain ?

— Le message porte sur deux aspects fondamentaux. D’abord, il faut créer des incitations pour que les Mauriciens reviennent au pays après leurs études, car nous sommes l’un des pays les plus vieillissants d’Afrique et nous avons besoin de leur énergie et de leurs compétences. Puis, il est essentiel de leur faire une véritable place dans le secteur du BTP, en leur donnant la possibilité d’innover, de proposer de nouvelles approches et de participer activement à la transformation du territoire. Ce sont eux qui porteront la vision d’une île durable et résiliente.

• Enfin, si vous deviez définir le territoire mauricien de 2050 en trois mots, lesquels choisiriez-vous — et pourquoi ?

— Lors de notre colloque au CEDTI, nous avons imaginé le territoire insulaire en 2075 et l’avons défini comme innovant et résilient. Si je devais projeter Maurice en 2050 en trois mots, je dirais : innovant, résilient et inclusif. Innovant, parce que l’île doit être un laboratoire vivant de solutions durables. Résilient, car elle doit anticiper et s’adapter aux défis climatiques. Inclusif, enfin, parce que la transformation ne peut réussir qu’en impliquant toutes les communautés dans la construction de ce futur.

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Colloque CEDTI 2025 – Penser l’avenir du littoral mauricien

C’est à l’Institut Français de Maurice, à Rose-Hill, que le CEDTI a réuni, en novembre 2025, chercheurs, urbanistes, architectes, institutions publiques et communautés littorales pour la deuxième édition du colloque « Habiter aux bords : Transitions littorales dans l’océan Indien ». Porté par Farrah Jahangeer, architecte-chercheuse et fondatrice du centre, l’événement a posé une question centrale : comment préparer les territoires côtiers aux transformations climatiques qui s’intensifient déjà ?

Très vite, un consensus s’est imposé : les îles n’ont plus le luxe d’attendre. En première ligne face à l’érosion, aux submersions et à la montée des eaux, elles doivent devenir des laboratoires de résilience, capables de conjuguer science, savoirs locaux et nouvelles stratégies d’aménagement. Le colloque a ainsi proposé une lecture croisée du littoral mauricien, où analyses scientifiques, récits d’habitants et retours d’expériences de terrain dialoguent pour éclairer les trajectoires possibles.

L’un des moments forts fut la présentation du programme MAURISCOT, pipeline de recherche appliquée développé par le CEDTI. Cette initiative vise à cartographier finement les risques, modéliser l’évolution du trait de côte et élaborer des scénarios d’adaptation réalistes, en associant données environnementales, enquêtes locales et prospective territoriale. Une approche hybride qui pourrait devenir un outil de référence pour les collectivités.

Conférences, ateliers participatifs, panels et études de cas ont ensuite permis d’aborder des thèmes clés : renaturation côtière, mobilité littorale, infrastructures résilientes, planification urbaine, mais aussi le rôle des communautés dans la co-construction des réponses.

En refermant cette édition 2025, une évidence s’impose : le CEDTI s’affirme comme un acteur incontournable de l’analyse territoriale insulaire.

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