Les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz rappellent à quel point l’économie mauricienne reste connectée aux dynamiques mondiales. Alors que l’Iran mène des exercices militaires dans ce corridor stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, les marchés énergétiques réagissent. Pour Maurice, pays importateur, la volatilité des cours du pétrole peut se répercuter sur le transport, les matériaux et, in fine, le coût des chantiers. Le dernier Construction Price Index (CoPI) publié par Statistics Mauritius montre une stabilisation relative fin 2025. Mais cette accalmie intervient dans un environnement global incertain. Décryptage d’un secteur du BTP toujours exposé aux chocs énergétiques internationaux.
Il ne s’agit pas d’une fermeture totale — un scénario jamais observé dans l’histoire moderne — mais d’un signal stratégique. À plusieurs reprises, Téhéran a rappelé sa capacité théorique à perturber le trafic en cas d’escalade régionale. Les marchés n’attendent pas un blocage effectif pour réagir : ils intègrent immédiatement une prime de risque énergétique.
En pleins pourparlers avec les États-Unis sur le développement de son énergie nucléaire, l’Iran, qui a également subi des frappes aériennes de Israël dans la nuit du jeudi 12, vient de rappeller qu’il contrôle et peut bloquer ce site stratégique. Il s’agit d’une arme économique majeure pour l’Iran dans son bras de fer avec les États-Unis. Ce risque pourrait ainsi se traduire par une volatilité accrue des cours du pétrole en tenant en compte que l’énergie constitue un intrant transversal pour l’économie mondiale et pour l’ensemble de l’économie d’un pays importateur comme Maurice.

En effet, le dernier rapport de Statistics Mauritius sur le Construction Price Index (CoPI) montre justement un secteur en phase d’équilibre fragile. Au quatrième trimestre 2025, l’indice s’établit à 147,6, après une hausse marquée de 1,5 % au trimestre précédent. La progression ralentit à +0,1 %. Sur le papier, la tension semble s’atténuer. Mais cette accalmie intervient dans un environnement mondial instable.
Le CoPI mesure l’évolution du coût d’un bâtiment résidentiel type — matériaux, main-d’œuvre, transport, services techniques. Or, dans un pays structurellement dépendant des importations, la composante transport et énergie reste déterminante. Une hausse du pétrole se répercute mécaniquement sur le fret maritime, puis sur le coût des intrants. Ce que l’indice capture, ce n’est pas la marge des entreprises, mais leur exposition aux chocs externes.
La décélération observée fin 2025 peut donc être interprétée comme une respiration plutôt qu’un retournement. Si les tensions énergétiques liées au détroit d’Ormuz devaient s’aggraver, le scénario d’une stabilisation autour de 149 en 2026 pourrait rapidement céder la place à une nouvelle poussée inflationniste, appréhendent les observateurs économiques. À l’inverse, en l’absence de choc, la construction mauricienne entrerait dans une phase de normalisation sous contrainte : moins volatile, mais toujours structurellement exposée.
En clair : le CoPI 2025 ne signale pas une crise. Il rappelle simplement que le BTP mauricien reste branché sur les nerfs de l’économie mondiale.

